• Maud Chaboud

Les pratiques sexuelles : l’attachement

La sexualité est un univers en mouvement, disons plutôt un univers qui vient davantage sur le devant de la scène et pas uniquement via la pornographie. Les émissions, documentaires sur les orientations sexuelles et la genralité sont diffusées aux heures de grande écoute.

Ce qui est encore peu investit reste les pratiques sexuelles.

Qu’est-ce qu’une pratique sexuelle ? C’est la façon dont les deux partenaires vont rechercher, jouer avec leur plaisir en vue ou non d’une pénétration coïtale. Elles ont bien sûr et de tous temps existé. Elles ont cependant été plus ou moins socialement acceptées selon les époques et donc plus ou moins visibles.

On a tendance souvent à associer le mot pratique sexuelle à des recherches qui flirtent avec la bienséance ou le moralement acceptable de la société. Pourtant faire l’amour dans un lit avec votre partenaire régulier en lui laissant gérer la situation est une pratique sexuelle.

Ce qui est intéressant dans les pratiques sexuelles c’est qu’elles mettent en avant un autre élément de la sexualité : celui du plaisir, avant celui du coït.

Depuis la révolution sexuelle des années 70 est apparu petit à petit la possibilité de prendre du plaisir dans la relation sexuelle. La recherche de plaisir est indissociable d’une recherche personnelle quant à ses propres gouts, acceptation et ressentis.

On parle souvent du fameux lâcher-prise dans la relation intime : le fait de pouvoir se détendre, ne pas anticiper ou penser à ce que l’on devrait faire, laisser le partenaire exprimer ses désirs. Se laisser mener, s’abandonner.


En allant transcrire le symbole dans la réalité avec des attaches et des liens qui facilitent l’abandon, on découvre le Bondage ou le Shibari.





Je voudrais ici parler de l’essence de ce qui peut être recherché ou apporté par les pratiques sexuelles de l’attachement, au-delà de la perversion à laquelle elles sont associées et qui existent autour de ces pratiques.

Le Shibari est l'art des cordes japonais qui cherche à sublimer la pratique de l’attachement, il est souvent associé à la photographie, à un art sensuel en ce sens que l’activité est vécue comme sexuelle sans mobiliser les organes génitaux.

Il fait partie de la classification du Bondage. Sa recherche est davantage dans une forme d’esthétisme que de souffrance. Le Bondage plus traditionnel en Europe est associé au Sadomasochisme et à la recherche de la douleur et de la domination. Le Shibari, comme le Bondage, sont des pratiques érotiques en ce sens que la pénétration n’est pas la recherche ultime.

Qu’elles que soit les pratiques sexuelles impliquant un soumis et un dominé pour qu’elles restent des pratiques sexuelles entre deux partenaires un élément incontournable et essentiel reste le CONSENTEMENT de chacun. Ainsi que la définition d’un CADRE et des LIMITES de chacun. Sans cela il ne s’agit plus de pratiques sexuelles mais de violences et de perversion.


Une pratique sexuelle consentie et encadrée permet d’être dans un jeu, dans lequel la confiance réciproque autorise à tester ses limites en sécurité.

Je parle bien des limites des 2 partenaires. Les techniques d’attache via des cordes ou des liens de son/sa partenaire doivent prendre soin de ne pas créer de dommages corporels. En effet le corps est fragile et sans une réelle connaissance de celui-ci, des points de compression, du nerf radial et autres veines, il est facile de causer des accidents. C’est pourquoi il est fortement recommandé de prendre le temps avant de se lancer dans ce type d’expérience, d’échanger, de comprendre la technicité si l’on veut pouvoir attacher ou se rapprocher de professionnels sérieux. Les rencontres préalables permettent à chacun de se connaitre, d’exprimer ses envies et ses limites. Le bondeur devra lui -même avoir une expérience de soumis et ainsi sera plus attentif à sa technique. Une fois énoncées voire écrites, les règles doivent être respectées pendant la séance. Le dominant n’est PAS dans un rapport de tout pouvoir, il est dans un rapport de jeu avec le plaisir de l’autre ; de trouver, de permettre, de maintenir l’abandon du partenaire. C’est une grande charge. Il ne doit pas se laisser aller à ses envies ou ses pulsions.

Il est impossible de sortir du cadre, sauf pour arrêter bien sûr en usant du Safe Word (mot de sécurité préalablement défini).

Ainsi s’il a été défini que le soumis refuse qu’on lui touche les orteils, même si durant la séance il exprime sa volonté de passer outre, le dominant se doit de respecter le cadre défini, donc ne pas y toucher. L’idée étant que le soumis peut être dans un état second, emporté par le moment, et finalement il pourrait regretter que le contrat n’ait pas été respecté et resté avec un sentiment ou une sensation négative, désagréable de la séance. C’est aussi cette garantie du respect du cadre qui autorise un abandon plus grand. Le cadre pourra être modifié à la prochaine séance si besoin.

Le dominant a donc une grande responsabilité tant dans sa propre attitude, dans la maitrise de la technique de l’attachement, que dans la gestion de l'expérience et du plaisir du soumis.


L’attachement à l’aide de liens entre 2 partenaires en tant que pratique sexuelle ne doit se concevoir que dans la confiance, le respect de l’autre et l’échange clair et transparent de ses limites et recherches.

C’est aussi la base de toute sexualité, de tout ce qui peut être possible à 2.

Cet article veut rappeler, voire dire clairement ce qui est important de savoir sur ces pratiques avant de s’y engager ou pour s’y engager en sécurité.

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