• Maud Chaboud

L’érotisme comme moteur de stimulation

L’érotisme, ce sont tous les phénomènes qui éveillent le désir sexuel. L’excitation des sens émotionnels et sensuels, indissociables du physique et du mental, se travaille.

Cette excitation ne fonctionne pas « seule », sans accompagnement, comme pourrait le laisser croire les premières expériences sexuelles.

Il faut reconnaitre que, dans nos sociétés, nous n’avons pas d’éducation à l’érotisme. L’apprentissage du fonctionnement de notre propre libido se fait sur la base de nos expériences personnelles.

L’émoi sensuel et physique se ressent parfois très jeune, comme nous le partage Romain Gary dans La promesse de l’aube «Elle avait huit ans et s’appelait Valentine(...) Je pourrais la décrire longuement et à perte de souffle (..). C’était une brune aux yeux clairs, admirablement faite, vêtue d’une robe blanche et elle tenait une balle à la main. (..) Je ne puis décrire l’émoi qui s’empara de moi : tout ce que je sais, c’est que mes jambes devinrent molles et que mon cœur se mit à sauter avec une telle violence que ma vue se troubla. »

Selon les expériences initiales (pas au sens des premières en nombre, mais au sens des premières nous structurant) nous serons plus ou moins sensibilisés à l’érotisme environnant, dans le couple et dans les relations.

L’entrée dans l’âge adulte est souvent caractérisée par une libido très présente. Il n’est pas rare que les soirées se terminent avec sa/son partenaire par l’assouvissement de son plaisir charnel.

Tout cela se passe sans « effort », l’excitation et la satisfaction de la pulsion sexuelle est forte et dirige dans une certaine mesure notre libido.

Mais avec la routine, le quotidien parfois lourd à gérer, la « connaissance » de ce qu’il se passe en fin de soirée, celles-ci se terminent par un léger baiser avant de s’endormir rapidement.


“La vieillesse n’est autre chose que la privation de folie, l’absence d’illusions et de passion.”

Notait Stendhal, avec le vocable de son époque. Si les pulsions faiblissent avec le temps, nous pouvons les compenser par notre savoir pour continuer à jouir de la vie. Cette connaissance est celle que nous avons acquise au cours de nos expériences relationnelles, ce que nous avons aimé, ou non. Réactiver ce contenu et accepter de rentrer dans une dynamique d’attention à sa vie sexuelle est la solution pour contrer l’affadissement de la vie sexuelle.

L’érotisme demande à être entretenu, il demande à ce que les partenaires s’octroient du temps pour eux-mêmes, mettent en scène leur érotisme (repas, chandelles, habits, jeu...), acceptent de rentrer pleinement dans leur désir, et non, seulement, de répondre à celui de l’autre.

Il nécessite d’être créatif : Les excitations psychiques ont tendance à s’accoutumer à certains stimuli et à ne plus y être sensible.

Parfois, le simple fait de changer ses habitudes crée cette nouveauté : plus sur le lit de la chambre mais dans le salon ; plus le soir mais dans l’après-midi. Reconnaissons que la fin de l’activité professionnelle peut ouvrir des champs de réactivation libidinale intéressants.

Parfois, une variation dans les jeux sexuels apporte une stimulation favorable.

Il existe autant de façons de susciter l’excitation que de binômes la recherchant. Il n’y a pas de limites à votre imagination sauf, bien sûr, celles de la société, celles du respect du partenaire et celles que vous vous fixez ensemble.

Le jeu de l’érotisme est un jeu sans fin dès lors que vous acceptez de l’ouvrir ensemble. Cette curiosité, ces découvertes renouvelées et entretenues dans la longueur de la relation nous permette d’éviter l’écueil de la lassitude, de la perte de désir.

Soyez joueur !

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